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La messe du dimanche matin fut indubitablement le point fort de toutes les festivités ; messe en rite latin, car la seule où les chrétiens de toutes communautés se retrouvent sans discrimination, et où les musulmans qui tiennent à se joindre à leurs camarades de collège peuvent se sentir uns avec eux, unis par une même culture, celle qu’ils ont acquise durant leurs études. La chorale « Prière Vivante » de la Basilique d’Héliopolis sous la direction de M. Rafik Attalah, professeur de mathématiques au Collège – l’Alléluia de Haendel, le sanctus de Gounod, des chants plus simples aussi, mais tous admirablement exécutés, et accompagnés par l’orgue de notre collège, restauré, sonnant juste, et que l’on n’avait plus entendu depuis des années. Miracle accompli ! L’église était pleine ; les anciens, des religieuses, des parents d’élèves – on du ajouter des chaises, les bas-côtés étant pleins et tous les bancs occupés. Dans le chœur, le P. Provincial présidait la messe, entouré de 4 jésuites anciens élèves du Collège : les PP Nabil Gabriel, Samir Khalil, Hani Rayès et Mounir Khouzam, et derrière eux, 5 évêques : Mgr Marco Broggi, Nonce Apostolique, Mgrs Joseph Dergham, maronite, Joseph Zeréi et Paul Antaki, grecs catholiques, Krikor Koussa, arménien et Antonios Aziz, copte catholique et les jésuites de la Région. C’est le P. Nabil Gabriel qui prononça l’homélie : « Nous sommes réunis ce matin dans cette église du Collège comme nous avions l’habitude de le faire du temps où nous étions élèves. A l’époque nous avions la messe du Collège qui nous rassemblait périodiquement pour prier ensemble….c’était notre manière de nous rappeler l’origine et la fin de notre vie, axée sur Dieu…..aujourd’hui, nous nous retrouvons encore toutes générations confondues pour rendre grâce au Seigneur à l’occasion de l’anniversaire de notre Collège qui célèbre ses 125 ans. …Demandons à Dieu tous ensemble et les uns pour les autres de protéger ce corps que nous formons, de lui permettre de croître et enfin de porter du fruit pour notre bonheur et celui de tous les hommes. » ….A la fin de la messe, l’hymne du Collège « Vers la demeure paternelle » à peine entonnée par la chorale, fut reprise par tous les anciens présents à pleine voix, et avec une émotion telle que beaucoup en pleuraient se retrouvant comme lorsqu’ils étaient enfants…c’était toute l’église qui chantait et c’était vraiment très beau et effectivement émouvant. V- L’assemblée dans la salle du théâtre Tous les anciens en sortant de la messe se rassemblèrent dans la salle du théâtre rénovée ; cela prit un certain temps, car dans la salle du «Médaillon» qui y donne accès, étaient exposées les 1200 photos d’anciens que le P. Nabil avait prises tout au long de ses rencontres toutes du même format et avec le nom et la promotion de l’ancien. Chacun se cherchait tout en découvrant ses anciens camarades de promotion. L’assemblée fut une évocation de souvenirs . C’est le doyen présent des anciens – Maître Amin Abdel Nour – qui ouvrit le feu en déclarant « Je suis jeune, il est vrai…mais la valeur attend le nombre des années » et d’évoquer quelques souvenirs de sa vie au Collège. Robert Solé – l’auteur du célèbre roman « Le tarbouche » lui succéda en énumérant ce que les PP. Jésuites avaient appris à leurs élèves : « Vous nous avez appris à lire, à écrire et à conduire. A lire, c'est-à-dire à savoir analyser un texte, le goûter en faire la critique ; en un mot vous nous avez appris à réfléchir. A écrire, c’est-à-dire, à trouver le mot juste, le rythme de la phrase, en une grammaire correcte – et ici, je dois rendre hommage au P. Sans (tonnerre d’applaudissements). A conduire, c’est-à-dire, à nous conduire ; vous nous avez transmis une échelle de valeurs qui fait que lorsque je rencontre un ancien «jésuitien », même si je ne le connaissais pas, je le reconnais tout de suite, et nous devenons très facilement amis, nous trouvant sur une même longueur d’ondes ». Un petit film pris au cours d’une interview à Mobile, Alabama, nous communiqua ensuite le témoignage du doyen de tous les anciens élèves : le dr. Henri Ratl – 93 ans – qui exerce encore sa médecine et fait toujours, dans ses temps libres, de la peinture – le grand oncle maternel du P. Nabil Gabriel. Nous pûmes le voir dans l’exercice de ses fonctions comme médecin, puis apercevoir quelques unes de ses peintures, avant de l’entendre recommander aux jeunes du Collège, car c’est là qu’ils acquièrent la formation qui les accompagnera toute leur vie et pourra faire d’eux « des hommes pour les autres ». VI- La photo géante. Une photo souvenir avait été prévue sur une estrade spécialement construite à cet effet, devant le bâtiment du Préparatoire, réunissant tous les anciens présents ce jour-là. Voir 850 anciens réunis en une seule photo est en soi assez impressionnant ! VII- La dimension festive Le dimanche en soirée, ce fût le dîner de gala à l’hôtel Marriott-Mirage sur la route de Katamiya, qui réunit les anciens avec leurs épouses en un formidable dîner de 1380 convives ; dîner suivi d’un bal dansant. L’ambassadeur de France présent n’en revenait pas : «Comment avez-vous fait pour réunir tout ce monde ? D’où viennent-ils donc ? » Mais impossible de s’asseoir, chacun allait, venait, embrassait un ami, un camarade de promotion retrouvé, en cherchait un autre et cela n’en finissait plus. Le P. Nabil du intervenir : « Cessez de vous embrasser, asseyez-vous nous voulons dîner ! » on s’asseyait donc, puis on se relevait en découvrant à une table voisine un visage que l’on reconnaissait et que l’on n’avait pas revu depuis des années, les années d’enfance. Puis l’on dansa, mais sur la piste, voilà que les anciens entonnèrent encore ensemble l’hymne du collège : « Vers la demeure paternelle.. » tout en dansant et en sautant sur la piste. C’était totalement hilarant et tellement joyeux et amical ! La soirée ne s’acheva que sur le coup de trois heures du matin. Le 125ème est terminé ! NON ! D’après le P. Nabil il ne fait que commencer ! Il y avait encore tant de choses à vivre et à faire pour tout commémorer, archiver, rédiger et communiquer. Ce n’était donc que les trois premiers jours qui s’achevaient ; on allait continuer et, comme avait dit le Dr Henri Ratl : « Ad multos annos ». PS : Il ne serait pas juste de fermer ce journal, sans se joindre à ce à quoi le P. Provincial : le P. Fadel avait invité les anciens, lors de l’assemblée générale dans la salle du théâtre, féliciter et le remercier le P. Nabil Gabriel pour tout ce qu’il avait fait pour cet anniversaire. Car le P. Nabil – c’est bien connu – fait tout lui-même, seul et sans le dire à qui que ce soit, ou presque. Or, lorsqu’on prend conscience de tout le travail fantastique effectué, seul, pour ces trois jours de festivités, on ne peut qu’admirer et faire, ce qu’effectivement les anciens ont fait : se lever et applaudir longuement. Merci, P. Nabil ! Jacques Masson s.j. |
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