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Que manque-t-il à l'Egypte pour devenir un nouveau Japon? RIEN, car nos ressources naturelles et humaines sont supérieures aux leurs.
Un territoire de pus d'un million de Kms
2 qui nous offre un espace illimité pour construire, planter, nous étendre...Le Japon n'a que le tiers de notre superficie, avec une population double de la nôtre.
Un soleil éternel dont l'énergie - si nous apprenions à la capter - suffirait à faire fonctionner toutes nos usines et tous nos véhicules, à éclairer toutes nos villes, toutes nos rues et maisons.
Un Nil généreux, dont pas une seule goutte ne devrait se perdre dans la mer, au dire de Napoléon.
Une vallée d'une fécondité exceptionnelle, susceptible de produire jusqu'à trois récoltes par an; alors que le Japon est fait de rochers et de montagnes, et vit sous la menace continuelle de séismes et de catastrophes naturelles.
Du minerai, du pétrole, du gaz naturel, et toutes sortes de ressources enfouies dans notre sous-sol.
Deux mers, l'une plus belle que l'autre, dont les plages et les fonds de mer offrent des possibilités touristiques exceptionnelles.
Un Sinaï fascinant et un héritage d'antiquités et de monuments unique au monde. Malgré cette richesse, nous n'attirons que huit millions de touristes par an, alors qu'un pays comme l'Espagne en attire plus de soixante millions.
A côté de toutes ces ressources naturelles - et j'en passe! - l'Egypte possède un exceptionnel potentiel humain, qui est son peuple lui-même, n'était notre totale incapacité à gérer ce potentiel, du fait de notre système éducatif déplorable.
L'homme égyptien est doué de qualités exceptionnelles d'intelligence, d'intuition, de mémoire, de débrouillardise, de créativité, de coeur, de sociabilité, d'accueil, d'humour...que sais-je encore?
Face à une telle surabondance, que manque-t-il à l'Egypte pour devenir un nouveau Japon? Une chose, une seule: LA VOLONTE. Pas la "bonne volonté" - nous n'en manquons pas- mais la volonté tout court. Une volonté faite de ténacité, de persévérance, de discipline, d'ordre, de rigueur, d'organisation.
Avec une telle volonté nous ferions des miracles. Sans elle, toutes nos qualités demeureront en jachère, inexploitées; à l'état de velleités, de voeux pieux, de rêves éveillés, de slogans creux, de formules éculées.
Assez de nous bercer d'illusions, de nous gargariser de discours, de nous glorifier d'un passé glorieux qui nous sert d'alibi pour nous dispenser de construire le présent et de regarder la réalité en face.
Trêve de cette vantardise sans fondement, de cette susceptibilité à fleur de peau, de ce blocage devant toute critique.
Le Japon pourrait être pour nous un exemple, si nous voulions bien y réfléchir.
Voici un pays qui a été réduit à néant après la deuxième guerre mondiale. Un pays qui avait toutes les raisons de désespérer après la double tragédie de Hiroshima et de Nagazaki. Un pays qui se trouvait au fond du gouffre après sa cuisante défaite de 1945.
Face à ce désastre, qu'a-t-il fait? Il a rebondi. Il a relevé le défi, il s'est mis au travail avec ardeur et ferveur, avec patience et ténacité, avec une volonté farouche de réussir. Cinquante anx plus tard, il devenait la deuxième puissance économique mondiale, gérant à lui seul les 15% du PNB de la planète. Imaginez! Ses produits qui autrefois étaient synonymes de camelote, sont actuellement des modèles de qualité et d'excellence. Toyota est aujourd'hui le numéro UN mondial de l'industrie automobile. On pourrait en dire presque autant de Sony.
Plutôt que de bouder la modernité, comme nous le faisons trop souvent avec morgue dans notre monde arabe, les Japonais l'ont saisie à bras-le-corps, ils l'ont pleinement assumée, ils en sont devenus les pionniers, les avant-gardistes.
Plutôt que de chercher leur identité dans un passé mythique et glorieux, ils se sont résolument tournés vers l'avenir pour construire une nouvelle identité ouverte et dynamique, ayant su intégrer l'histoire et le passé. C'est la seule idendité possible dans notre monde d'aujourd'hui.
Elèves du CSF, vous êtes appelés à construire cet avenir en valorisant au maximum vos talents et vos dons. Ce que vous préparez sur les banc du collège, ce n'est pas seulement votre avenir, c'est celui de l'Egypte, c'est celui du monde arabe, c'est celui du monde tout court.
Vous n'êtes pas seulement responsables de vous-mêmes, vous êtes responsables de votre pays, vous êtes responsables de la planète entière.Ce que je vous dis là, je le dis aussi aux parents et aux anciens qui liront ces lignes. Ils sont nos partenaires dans cette merveilleuse mission du CSF. C'est pourquoi, il est essentiel qu'ils partagent notre vision et notre idéal.
Ensemble, conscients que quelque chose peut changer, que nous pouvons changer, que l'Egypte peut changer, que le monde peut changer...retroussons nos manches, mettons-nous résolument au travail, tendons notre volonté comme un arc bandé pour lancer sa flèche.
L'Egypte vient d'amender sa constitution, pour le meilleur ou pour le pire. Si nous nous sentons impuissants à y rien changer, nous pouvons au moins nous changer nous-mêmes...Ce qui compte, c'est de COMMENCER AVEC SOI...LES TEXTES SUIVRONT...un jour - dans dix ans, dans cent anx, peu importe! Ce qui compte, ce ne sont pas les textes c'est l'homme.
CHANGER L'HOMME NOUS CHANGER NOUS-MêMES
AUJOURD'HUI, MAINTENANT, SANS ATTENDRE.
Car l'histoire n'attend pas. L'Inde, la Chine, le Brésil, tant d'autres pays du tiers-monde sont en train d'émerger à toute vitesse de leur moyen-âge pour tenter d'occuper les premières places dans notre monde d'aujourd'hui.
A QUAND NOTRE TOUR ?
A toi de répondre.
Le Père Recteur Henri Boulad
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