Savoir dire non
 
Savoir dire « non » à l’enfant

Il y a quelques années, je lisais un article intitulé : « Say No to your children » (Dites non à vos enfants), publié dans un des numéros du Sélection du Reader's Digest. L’auteur s’insurgeait contre la philosophie du Docteur Spock qui prétendait qu’en disant NON à l’enfant on créait chez lui des complexes, des frustrations, des refoulements. Pauvre petit ! Rendons-lui donc la vie facile, cédons à tous ses caprices. Erreur monumentale ! Une telle attitude maintient l'enfant au niveau de l’instinct, de la fantaisie du moment. Elle l’empêche de grandir.

 

L’homme est le fils de l’obstacle

Pour grandir, l’enfant a besoin d’un obstacle auquel se heurter. Face à celui-ci, il sera d’abord tenté de se décourager, d’abandonner, de baisser les bras, de se croire dans une impasse : « Papa, maman, je ne puis continuer : le chemin est bouché – bouché par devant, bouché à gauche, bouché à droite... tout est bouché. » Le danger serait de regarder derrière, de rebrousser chemin. C’est alors qu’il faut dire à l’enfant : « Regarde devant toi, regarde plus haut, regarde au-delà, efforce-toi d’enjamber l'obstacle, de le dépasser, de le surmonter. »

L’obstacle est justement fait pour être surmonté. Il est fait pour obliger l’enfant à monter, à se dépasser. Une fois qu’il aura franchi l’obstacle, l’enfant vous regardera avec un large sourire et un sentiment de fierté : « Ca y est, j’y suis arrivé ! Jamais je n’aurais pensé le faire. »

Placez alors devant lui un autre obstacle, puis un autre, puis un autre, et ainsi de suite… C’est cela l'éducation : mettre devant l'enfant une série d’obstacles et l’inviter à les franchir l’un après l’autre, et à grandir par là. « Elever » un enfant, c’est l’obliger à s’élever, à monter, à se dépasser. Nos enfants grandissent physiquement, mais demeurent souvent des nains moralement, psychologiquement, spirituellement. Nous veillons jalousement sur leur santé, et nous négligeons d’autres aspects – ô combien plus importants ! - de leur croissance.

Ne sommes-nous pas victimes de cette philosophie moderne qui consiste à épargner à l'enfant tout effort. Mais, attention ! La loi du moindre effort, c'est la stagnation. Pour Darwin, le secret de l’évolution c’est le combat, l’affrontement : « Struggle for life and survival for the fittest » (La lutte pour la vie et la survie du plus capable). Notre monde devient de plus en plus darwinien, compétitif, et le capitalisme sauvage est aujourd’hui la grande loi du marché. Si nous voulons préparer nos enfants à la vie, nous devons leur apprendre très tôt à se mesurer à l’obstacle et à le surmonter. Souvent d’ailleurs la vie s’en charge, sans que nous ayons à le créer par nous-mêmes. Face à un échec scolaire, par exemple, dire à l’enfant : « Bon, tu as raté ton examen – ce n'est pas la fin de tout. Tu feras mieux la prochaine fois… Tu es capable de relever le défi». Ne l'accablez pas, ne l'écrasez pas, le pauvre, il est déjà suffisamment abattu, suffisamment découragé par son échec. Encouragez-le. Les grands hommes sont en général des gens qui ont rencontré toutes sortes d’échecs dans leur vie, mais ont été capables de les surmonter.


 
Haut de Page
VERSION IMPRIMABLE
RECOMMANDER À UN AMI
AJOUTER AUX FAVORIS
Copyright ©2012 CSF - Tous droits réservés